Claude Billès (537718)

Un artiste Microcosme depuis 2015.
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La rencontre avec l’artiste Claude Billès, alias 537718, est bien antérieure à la fondation de notre structure. Il est même l’un des maillons essentiels qui a mené l’enchaînement de nos réflexions jusqu’à l’ouverture du Microcosme.

Pour comprendre, il faut remonter en 2010. L’artiste plasticien est déjà un ami, côtoyé régulièrement, et les échanges répétés sur le monde de la création en général, et sur les arts visuels en particulier, vont s’approfondir vers un travail en collaboration avec Laurent, l’un des deux cofondateurs du Microcosme. À travers le label eL bøs, « générateur d’images contemporaines », que Claude dirige avec XRay, Laurent devient diffuseur d’art.

De 2011 à 2013, l’ouverture de la 16Art Galerie, à Bayonne, où le duo d’artistes expose ses œuvres mais également celles de quelques invités, offre au diffuseur d’art l’opportunité d’enrichir sa connaissance du milieu et son intérêt pour défendre les gens qui créent. L’envie d’ouvrir sa propre galerie vient de cette période-là.

C’est donc tout naturellement que nous proposons à Claude d’exposer sur nos murs lorsque, en 2015, nous ouvrons dans notre premier local, rue Pannecau, à Bayonne. Il lancera notre collaboration par une exposition solo à grand succès, en juillet.

Il y présentera toute une série de scotchages. Très graphique, ce travail est un assemblage de morceaux choisis, coupés, reliés, encastrés, et collés par des bouts de scotch. Sa volonté est de faire du beau avec du brut, d’utiliser ce qui lui vient sous la main pour chercher un résultat esthétique.

Le 14 juillet 2015, il effectue une journée de créations en live. Après une matinée à squatter la ruelle pavée de la galerie pour une démonstration de tape art, il crée cinq scotchages en direct devant les visiteurs.

Cette exposition rencontrera son public, et ensoleillera les murs du Microcosme pour son premier été.

Claude Billès signe de son nom d’artiste : 537718. Il suffira aux plus curieux de taper ces chiffres sur les touches d’une calculatrice, puis de retourner la machine, pour en comprendre la raison.

Suite à cette exposition, il ne quittera plus nos murs, restant un artiste résident qui participera à toutes les vies du Microcosme. Du côté de son travail en duo avec XRay, ils ont petit à petit cessé les créations eL bøs, au profit d’une installation d’atelier à Bayonne, puis d’une galerie éphémère à Saint-Sébastien, réunis sous le nom Le Carburateur, qui deviendra également un label d’édition d’estampes numériques. Ces dernières seront en partie exposées sur le mur d’affiches et de sérigraphies du Microcosme, notamment lors du « Mois de l’image imprimée », en janvier 2016.

L’espace du Carburateur, lors du Mois de l’image imprimée, en janvier 2016.

Lorsque nous ouvrons une galerie éphémère à Marciac, pour le festival international Jazz In Marciac, en août 2016, Le Carburateur est du voyage.

Le visuel créé spécialement par Claude Billès pour Le Carburateur, lorsque Le Microcosme s’installe durant trois semaines à Marciac.

En octobre 2016, place à la deuxième exposition solo de Claude au Microcosme. Il inaugure par cet événement un nouvel acte de notre part, que nous effectuerons plusieurs fois par la suite : exposer pour la deuxième fois un artiste en solo, afin de montrer à nos visiteurs un nouveau travail, et ainsi, véritablement suivre l’avancée de nos créateurs. Cette exposition s’intitule « Désordres ».

Affiche de l’expo réalisée par Claude Billès.

Puisque l’être humain crée le désordre dans le monde, il est aussi de notre rôle de l’harmoniser pour que la vie puisse être plus belle. C’est dans cet esprit que l’artiste a réalisé cette exposition. Le chaos dans lequel se retrouvent les villes, les paysages, et les habitations après le passage d’un ouragan a été son plan de travail. Il coupe, visse, colle, peint, et assemble pour créer une communion des éléments. Il favorise la réorganisation des choses. « J’ai besoin de désordre pour pouvoir le ranger » dit-il.

Cette nouvelle série est dans la continuité de son travail avec les scotchages, mais il y a ajoute de nouveaux éléments (Placo, fil de lin, spray) et du volume. Il crée toujours avec un matériel accessible dont il dispose naturellement, sans en acquérir davantage. Il collecte, réutilise et se réapproprie les choses. « La contrainte matérielle favorise la créativité. Avec trop de choix, on se perd ». Au début de cette exposition, il se remémore une phrase d’un professeur de peinture : « pour bien peindre, il faut être pauvre », et montre une adhésion à cette philosophie par sa façon de créer.

Ces œuvres abstraites en trois dimensions sont à la fois géométriques et ont une imprécision méthodique. Comme si le chaos de l’artiste était en fait structuré. Avec lui, le trouble nous met en paix et le désordre nous rend serein.

Il est vrai que notre attachement à l’illustration, souvent narrative, peut perturber nos visiteurs lorsque Claude Billès sème le désordre, mais c’est aussi pour cela qu’on l’aime, et que l’on aime son art: il ne cherche pas à plaire, mais à s’épanouir. Cela le rend irrésistible.

Lorsque l’on remonte aux prémices de notre histoire, et aux premières lignes de cette page, on se rappelle aussi l’esprit convaincant de l’artiste lorsqu’il disait, dans le murmure d’une 16Art Galerie en plein essor: « un amateur d’art n’achète pas seulement un tableau parce qu’il le trouve beau, il achète aussi le plaisir qu’on a mis à le faire ».

Pour en savoir davantage sur les mille vies de l’artiste, vous pouvez le suivre sur Instagram ou visiter son site: www.537718.com.

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